La vaste affaire de fraude fiscale qui a éclaté il y a une dizaine de jours en Allemagne n'en finit plus de rebondir. Nous savions déjà que les Etats-Unis et le Royaume-Uni avaient traité directement avec l'informateur auquel les services secrets allemands ont acheté, pour une somme d'environ 5 millions d'euros, des données volées à la banque LGT (propriété du Prince du Liechtenstein. Il semble aujourd'hui que le fisc allemand a déjà transmis aux autorités de plusieurs pays, dont la France, des données qui intéressent leurs contribuables. Au-delà du scandale fiscal international engendré par cette liste, c'est bien le secret bancaire subsistant dans certains pays tels que la Suisse, le Lichtenstein ou encore Monaco qui pourrait être remis en question.
D'une part, l'Union Européenne va sans aucun doute profiter de l'occasion pour accentuer la pression qu'elle fait peser sur ses voisins en matière de coopération fiscale. Le sujet est d'ailleurs inscrit à l'ordre du jour de la prochaine réunion des Ministre des Finances de l'Union. Et selon l'aveu du Premier Ministre Luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, il devrait même être question des règles de taxation des intérêts. Les 27 espèreraient durcir la « directive sur la fiscalité de l'épargne » qui impose aux États européens pratiquant le secret bancaire de payer aux pays de l'UE victimes de l'évasion fiscale, une redevance sur les intérêts de l'épargne placée par les non-résidents.
D'autre part, en contournant l'écueil du secret bancaire, l'Allemagne semble avoir ouvert la boîte de pandore. Le « Fiscal Gate » liechtensteinois a donné un prix au secret bancaire. Et maintenant, qui peut garantir que les 5 millions touchés aujourd'hui par un ex-banquier de la LGT ne donneront pas des idées à des employés de banques suisses, monégasques, ou encore andorranes ? Une brèche est aujourd'hui ouverte dans les dernières forteresses bancaires européennes : combien de temps pourront-elles encore résister ?

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